Les Délires de Spart

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mardi, mai 20 2008

Père, toi qui es au ciel, père, toi qui es en enfer, vaya con dios !

Voilà, le paternel est passé à l’orient éternel. C’est étrange comme sensation. Il s’est toujours foutu de ma gueule toute sa vie et cependant je ne peux m’empêcher de ressentir du chagrin à sa mort.

Pendant plus de 20 ans je suis resté sans nouvelles de lui, et je dois dire que je m’en portais bien. Au fil du temps, j’avais construit une forme de représentation fantasmée de ce père absent et froid. Je pouvais lui jeter à la figure tous mes malheurs, toutes mes peines, toute la gratitude aussi pour ce que je suis devenu grâce à son dédain.

Je suis allé le voir à l’hosto, et ce que j’ai découvert n’était en fait qu’un homme ayant vécu un peu trop, un peu trop vite, un peu trop mal. Presque instantanément ma rancoeur s’en est allée. Il ne restait plus qu’un homme face à un homme. Rien de plus, rien de moins.

Hier soir, en apprenant sa mort, j’ai reçu un coup. Le flot des souvenirs a inondé ma cervelle, le cœur serré, je repensais aux rares moments vécus avec lui. Beaucoup de mauvais moments, et un seul très bon, très très bon moment. De ces moments où l’on touche la grâce du doigt. Un de ces moments de l’enfance qui nous construisent.

Et, dans le tréfonds de mon âme, j’ai trouvé une toute petite chose, presque éteinte et cette petite chose était Amour.

Merci à toi, père et vaya con dios !

dimanche, octobre 14 2007

Temps de réflexions...

Je profite d'une courte maladie pour terminer certains projets de traductions mais également pour réfléchir sur le cours de ma vie... Je me demande parfois si il y a une évolution spirituelle dans cette Quête de Moi. J'ai délaissé tous derrière moi, j'ai interrogé les dieux du passés & du présent, j'ai lu les ouvrages les plus obscurs qui soient - ktavim chadashim & sepher ha-zohar & likutei moharan - les plus fous - liber al & taz & libers divers - j'ai passé & je passe encore ma vie à essayer de trouver ces étincelles qui, chaque fois, répondent aux interrogations incroyablement futiles de mon être & de mon âme...

Et tout ça pourquoi ? Pour qui ? Laisserai-je, à ma mort, quelques gigabytes de merdasses scripturaires pour toute preuve que je suis passé ici-bas ?

Non, heureusement, car il y a les Étoiles qui résolvent toutes mes interrogations, tous mes doutes & ternissent mes folies par l'éclat de leur Âme !

En ce moment, aussi, je relis les ténèbres afin de faire jour en moi...

Γ ρ DE QUIBUSDAM MORBIS DISCIPULORUM

Et donc, si un de tes Disciples est malade, scrute tout d’abord si cet Amour n’est pas la Racine de ce Dérèglement. Prends garde aussi à la Paresse, car celui qui se presse à accomplir sa Volonté ne tient pas compte des Affaires de ses Compagnons. Ô mon Fils, si chaque Homme fait sa propre Volonté, il n’y a plus rien à Dire ! Mais le Corps affairé ne se soucie pas de ses propres Affaires, ni ne laisse les autres s’en soucier. Sois prompt dès lors avec celui-ci à le soigner en illuminant sa Volonté & en le poussant vers elle. Souviens-toi aussi que si on parle mal d’un autre, la Faute est d’abord en soi-même, car nous ne savons rien d’autre que ce qui est en nous. Le fameux chasseur de sorcières ne finit-il pas par confesser qu’il est lui-même un Sorcier ? Nous devenons ce qui nous obsède, que ce soit au travers de la Haine ou de l’Amour Extrême. Ne sais-tu pas que l’un est un Symbole de l’autre ? Pour cette raison, puisque l’Amour est la Formule de la Vie, nous sommes obligés à assimiler (à la Fin) ce que nous craignons ou haïssons. Ainsi donc nous serons sages à modeler toutes Choses en nous même par la Quiétude & la Modération. Mais, par-dessus tout, nous devons tout utiliser pour notre propre Fin, nous adaptant avec Adresse & même avec Faiblesse à l’œuvre.

dimanche, octobre 7 2007

Paraphrase des Bacchantes d'Euripide.

Le Choeur : De la Terre de l'Oubli, du Saint Repos, j'accours, doux, fort & tumultueux - J'exalte Bakkhos par les cris Évohé ! Heureux l'homme qui instruit de la Sagesse & de la Folie, qui initié aux saints mystères de la noirceur de son âme, qui sanctifiant sa vie, se fait l'âme fervente de Bromios & pratique les Saintes Orgies de la Grande Mère ! Heureux celui qui s'orne du lierre, porte le thyrse & invoque Bromios, Sôter, Dionysos du fonds de l'Abîme de l'oubli. Ramenez Bromios ! Io Évohé ! Io Évohé ! Io Évohé ! Ô Bacchantes allez, ô Bacchantes allez, de par les monts & les plaines allez annoncer le retour du Deux Fois Né !

Dionysos : Ô Nyktipolos, tu ne veux donc point croire mes paroles. Mais, prends garde, car ainsi maltraité par toi, je te le déclare pleinement : jamais il ne faut se rire ou se jouer des dieux, même des dieux endormis & silencieux. Des maisons où résonnent encore l'Évohé la fureur se peut retourner contre toi, ô mon ami.

Nyktipolos : Dieu invoqué, dieu ami ! Trêves de leçons ! N'es-tu pas heureux & enjoué que je t'ai ainsi sorti du sommeil qui était le tien ? Devrais-je crever d'ivresse pour payer tribut à ta splendeur ?

Dionysos : Au lieu de me casser les couilles – un insecte vulnérable contre le Dieu ! - à ta place je lui sacrifierais...

Nyktipolos : Je te rendrai le sacrifice que tu mérites ! Vin, viande, sang & humeurs de femme sous la lune diaphane !

Dionysos : Alors, sans aucun doutes possibles, je puis te concéder ce que tu me demanderas...

Nyktipolos : Et quoi ? En me faisant l'esclave des passions dionysiaques, en rampant dans la gerbe d'un vin trop fort & trop puissant pour mes nerfs ?

Dionysos : Non, en acceptant enfin le tien destin qui te chante de dire « oui à la vie » & de cesser de te courber devant l'aliénation & la soumission à l'ordre inepte que tu ne comprends plus !

Nyktipolos : Et crever donc ?

Dionysos : Crever, peut-être, jeune & dans l'extase... Cela ne vaut-il pas mieux que de ne pas vivre allégrement & légèrement, fut-ce pour un court temps ?

Nyktipolos : Alors que faire ?

Dionysos : Tout d'abord je te revêtirai d'une robe, je te donnerai le thyrse, la peau de faon tachetée, le lierre & la vigne.

Nyktipolos : Serais-je pute de Dionysos pour lui plaire ?

Dionysos : Tu seras tel que tu es & dois être, pas plus, pas moins. Je saurai te guider par les chemins détournées, je saurai t'éviter les pièges mortels qui attendent les ignorants qui épient les Ménades en secret...

Le Choeur : Vais-je donc mettre les pieds nus sur le sol sacré, parmi les compagnons & compagnes de Bakkios ? Vais-je me fondre dans l'herbe jeune à la douce rosée matinale ? Tel un chat agile qui s'ébroue dans la prairie de ses jeux cruels & innocents ? Serais-je le Pan au bord de la rivière épiant les graciles Nymphes dans la pénombre d'un forêt ancestrale ? Qu'est la Sagesse ? Qu'est la Folie ? Est-il en ce monde moderne & laid des Dieux plus enviables que Celui qui m'offre l'ivresse sainte & l'extase de la danse folle ? Heureux, qui au péril d'Éros & de Thanatos échappe afin de regagner sa demeure ! Heureux qui peut émerger de la peine ! Sans nombres sont les mortels, sans nombres leurs perspectives, sans nombres leurs désirs ! Les unes aboutissent à la réussite, les autres sombrent dans la mer de l'oubli... Je tiens donc pour heureux celui qui jouis du bonheur que chaque jour lui apporte & celui qui dit « oui à la vie sans partage » !

Dionysos : Le Dieu, naguère si silencieux & endormi, nous escorte à présent en ami, en confident !

Nyktipolos : Alors, Ami, faisons route ensemble, en tes bras forts je repose, je suis confiant & heureux, apaisé par le souffle aviné & capiteux de ta bouche ! Embrasse-moi, ô Dieu, car tes Amours sont pareilles au vin jeune promis !

« Ainsi dans nos danses, toute la nuit,
nos pieds marqueront le rythme fou
dans la bacchanale, et ma gorge,
dans la légèreté de l'air,
je la renverserai en signe de victoire
sur les chasseurs immondes
de la normalité putréfiée.
Dans la tempête de nos folies unies,
jouissance, rêve, jeunesse, ivresse
seront nos amantes pour l'Éternité ! »

Dionysos : Fou terrible, allant vers ton destin en ma compagnie, tu vas trouver la joie, escalader le ciel en te riant de l'inutile fatuité de l'être. Tu changeras de forme & deviendras Serpent, & Celle qui te suit, parmi le jardin magnifique des Roses, elle aussi sera changée en Serpent. Vous garderez ma Sagesse & ma Folie en vos cœurs & vous jouirez du bonheur & de l'alliance de Bakkhos !

Le Choeur : Multiples sont les formes que revêt le Dieu aux Noms Innombrables. Parfois ce que nous n'attendons plus advient, parfois ce dont nous désespérons arrive ! Ainsi s'achève le drame de la langueur & du chagrin.

mercredi, septembre 12 2007

De Sapientia in Re Sexuali

Considère l’Amour. Voici une Force destructrice & corruptrice par laquelle de nombreux Hommes furent perdus. Cependant, sans Amour l’Homme ne serait pas un Homme. Par conséquent, ton Oncle Richard Wagner fit de notre Doctrine une Fable musicale, dans laquelle nous voyons Amfortas, qui céda lui-même à la Séduction, blessé au-delà de toute Guérison ; Klingsor, qui se mis à l’abri d’un tel Danger, exilé à tout jamais de la Montagne de la Salvation ; & Parsifal, qui ne céda point, capable d’exercer le Véritable Pouvoir de la Vie, & par là d’accomplir le Miracle de la Rédemption. De ceci ai-je également parlé dans mon Poème « Adonis ». Il en va de même avec la Nourriture & la Boisson, avec l’Exercice, avec l’Enseignement lui-même, le Problème est toujours de mener l’Appétit dans la juste Relation avec la Volonté. Ainsi, tu peux jeûner ou festoyer ; il n’y a pas de Règles autres que l’Équilibre. Et cette Doctrine est d’Acceptation générale parmi la meilleur Sorte d’Hommes ; par conséquent, en toi j’imprimerai avec le plus grand soin l’autre Part de ma Sagesse, c’est-à-dire, la Nécessité d’étendre sans cesse ta Nature à de nouveaux Compagnons dans tous les Plans de l’Existence, afin que tu puisses devenir le parfait Microcosme, une Image sans Défaut de tout ce qui est.

Liber Aleph - Alpha Kapa - A.C.

mardi, août 21 2007

Ça m’ira, dis ?


Sous la bannière du roi Jacques je repose.

Perdus sous une somnifère couette, le silence des corps s’impose.

Serpents enlacés devant quelque film noir-blanc.

Mains de Circé qui envoûtent l’Ulysse somnolant.



Quelque corps à corps versifié sous la lune noire en fièvre.

Tomates, poivrons, cœur haché, recette onctueuse à tes lèvres.

Je pense trop, putain de cerveau paranoïaque !

Que ne s’écoule-t-on en une nuit insomniaque ?



Ferme-moi la gueule, scelle la de tes Lèvres savoureuses.

Au moment des départs, j’ai l’âme si rageuse.

Et alors, je ne sais plus où mes pas me mènent.

Ça m’ira, dis ? Je T’aime.

vendredi, août 10 2007

Il se peut...


Ah, mais il se peut que l'on n'ait rien à dire

Je veux dire que cela arrive

Et il se peut que l'on ne sache rien d'un être

Et il se peut que l'on ne sache plus rien à propos de rien

Et il se peut que l'on soit exactement

exactement

maladroit

Antonin Artaud