Les Délires de Spart

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dimanche, octobre 7 2007

Paraphrase des Bacchantes d'Euripide.

Le Choeur : De la Terre de l'Oubli, du Saint Repos, j'accours, doux, fort & tumultueux - J'exalte Bakkhos par les cris Évohé ! Heureux l'homme qui instruit de la Sagesse & de la Folie, qui initié aux saints mystères de la noirceur de son âme, qui sanctifiant sa vie, se fait l'âme fervente de Bromios & pratique les Saintes Orgies de la Grande Mère ! Heureux celui qui s'orne du lierre, porte le thyrse & invoque Bromios, Sôter, Dionysos du fonds de l'Abîme de l'oubli. Ramenez Bromios ! Io Évohé ! Io Évohé ! Io Évohé ! Ô Bacchantes allez, ô Bacchantes allez, de par les monts & les plaines allez annoncer le retour du Deux Fois Né !

Dionysos : Ô Nyktipolos, tu ne veux donc point croire mes paroles. Mais, prends garde, car ainsi maltraité par toi, je te le déclare pleinement : jamais il ne faut se rire ou se jouer des dieux, même des dieux endormis & silencieux. Des maisons où résonnent encore l'Évohé la fureur se peut retourner contre toi, ô mon ami.

Nyktipolos : Dieu invoqué, dieu ami ! Trêves de leçons ! N'es-tu pas heureux & enjoué que je t'ai ainsi sorti du sommeil qui était le tien ? Devrais-je crever d'ivresse pour payer tribut à ta splendeur ?

Dionysos : Au lieu de me casser les couilles – un insecte vulnérable contre le Dieu ! - à ta place je lui sacrifierais...

Nyktipolos : Je te rendrai le sacrifice que tu mérites ! Vin, viande, sang & humeurs de femme sous la lune diaphane !

Dionysos : Alors, sans aucun doutes possibles, je puis te concéder ce que tu me demanderas...

Nyktipolos : Et quoi ? En me faisant l'esclave des passions dionysiaques, en rampant dans la gerbe d'un vin trop fort & trop puissant pour mes nerfs ?

Dionysos : Non, en acceptant enfin le tien destin qui te chante de dire « oui à la vie » & de cesser de te courber devant l'aliénation & la soumission à l'ordre inepte que tu ne comprends plus !

Nyktipolos : Et crever donc ?

Dionysos : Crever, peut-être, jeune & dans l'extase... Cela ne vaut-il pas mieux que de ne pas vivre allégrement & légèrement, fut-ce pour un court temps ?

Nyktipolos : Alors que faire ?

Dionysos : Tout d'abord je te revêtirai d'une robe, je te donnerai le thyrse, la peau de faon tachetée, le lierre & la vigne.

Nyktipolos : Serais-je pute de Dionysos pour lui plaire ?

Dionysos : Tu seras tel que tu es & dois être, pas plus, pas moins. Je saurai te guider par les chemins détournées, je saurai t'éviter les pièges mortels qui attendent les ignorants qui épient les Ménades en secret...

Le Choeur : Vais-je donc mettre les pieds nus sur le sol sacré, parmi les compagnons & compagnes de Bakkios ? Vais-je me fondre dans l'herbe jeune à la douce rosée matinale ? Tel un chat agile qui s'ébroue dans la prairie de ses jeux cruels & innocents ? Serais-je le Pan au bord de la rivière épiant les graciles Nymphes dans la pénombre d'un forêt ancestrale ? Qu'est la Sagesse ? Qu'est la Folie ? Est-il en ce monde moderne & laid des Dieux plus enviables que Celui qui m'offre l'ivresse sainte & l'extase de la danse folle ? Heureux, qui au péril d'Éros & de Thanatos échappe afin de regagner sa demeure ! Heureux qui peut émerger de la peine ! Sans nombres sont les mortels, sans nombres leurs perspectives, sans nombres leurs désirs ! Les unes aboutissent à la réussite, les autres sombrent dans la mer de l'oubli... Je tiens donc pour heureux celui qui jouis du bonheur que chaque jour lui apporte & celui qui dit « oui à la vie sans partage » !

Dionysos : Le Dieu, naguère si silencieux & endormi, nous escorte à présent en ami, en confident !

Nyktipolos : Alors, Ami, faisons route ensemble, en tes bras forts je repose, je suis confiant & heureux, apaisé par le souffle aviné & capiteux de ta bouche ! Embrasse-moi, ô Dieu, car tes Amours sont pareilles au vin jeune promis !

« Ainsi dans nos danses, toute la nuit,
nos pieds marqueront le rythme fou
dans la bacchanale, et ma gorge,
dans la légèreté de l'air,
je la renverserai en signe de victoire
sur les chasseurs immondes
de la normalité putréfiée.
Dans la tempête de nos folies unies,
jouissance, rêve, jeunesse, ivresse
seront nos amantes pour l'Éternité ! »

Dionysos : Fou terrible, allant vers ton destin en ma compagnie, tu vas trouver la joie, escalader le ciel en te riant de l'inutile fatuité de l'être. Tu changeras de forme & deviendras Serpent, & Celle qui te suit, parmi le jardin magnifique des Roses, elle aussi sera changée en Serpent. Vous garderez ma Sagesse & ma Folie en vos cœurs & vous jouirez du bonheur & de l'alliance de Bakkhos !

Le Choeur : Multiples sont les formes que revêt le Dieu aux Noms Innombrables. Parfois ce que nous n'attendons plus advient, parfois ce dont nous désespérons arrive ! Ainsi s'achève le drame de la langueur & du chagrin.

dimanche, septembre 23 2007

Dionysos ÉVOHÉ !!!

Pas une période facile, Dionysos est en course après moi, j'entends déjà les Ménades se rire de mes pas incertains. Le jeu, cependant, en vaut sans doute le prix. Pris entre excès & restriction, il me revient alors à la mémoire ces Mots de Frater Achad :

"À nouveau, si tu bois du vin, & aussi longtemps que tu y prends plaisir – & tu y prendras plaisir lorsque tu comprendras comment l’utiliser - & si tu comprends qu'il n’est pas mauvais, mais que tu dois le boire en l’honneur & à la gloire de Notre Dame des Cieux Étoilés, Nuit, qui a, Elle-même, offert ces enseignements, & qui nous dit en notre Livre Saint, le Livre de la Loi : « Pour cette raison soyez beaux : revêtez-vous tous de belles parures ; mangez des mets succulents & buvez des vins doux & des vins qui moussent ! Aussi, prenez votre comble & votre désir d'amour à volonté, quand, où, & avec qui vous le voulez ! Mais toujours pour moi ». Si tu gardes toujours cela à l’esprit, & si tu te souviens que ces actes sont saints & sacrés, il n’y a aucun péché, mais de véritables vertus, la vie sous ses différents aspects. Tu ne ressentiras alors plus la peine ou la tristesse, & lorsque tu regarderas ton vin que tu bois comme un Sacrement, tu ne t’aviliras plus toi-même en te saoulant dans l’ancien sens du terme, mais tu JOUIRAS de ta boisson comme jamais auparavant. Et il en est ainsi de l’Amour, & de toutes autres choses dont tu veux faire ton plaisir. Car « C’est un mensonge que cette folie contre soi – Sois fort homme ! Désire, jouis de toutes choses du sens & du ravissement : ne crains pas qu’un Dieu te renie pour cela » ("Liberté" un essai par Frater Achad).

mercredi, septembre 12 2007

De Sapientia in Re Sexuali

Considère l’Amour. Voici une Force destructrice & corruptrice par laquelle de nombreux Hommes furent perdus. Cependant, sans Amour l’Homme ne serait pas un Homme. Par conséquent, ton Oncle Richard Wagner fit de notre Doctrine une Fable musicale, dans laquelle nous voyons Amfortas, qui céda lui-même à la Séduction, blessé au-delà de toute Guérison ; Klingsor, qui se mis à l’abri d’un tel Danger, exilé à tout jamais de la Montagne de la Salvation ; & Parsifal, qui ne céda point, capable d’exercer le Véritable Pouvoir de la Vie, & par là d’accomplir le Miracle de la Rédemption. De ceci ai-je également parlé dans mon Poème « Adonis ». Il en va de même avec la Nourriture & la Boisson, avec l’Exercice, avec l’Enseignement lui-même, le Problème est toujours de mener l’Appétit dans la juste Relation avec la Volonté. Ainsi, tu peux jeûner ou festoyer ; il n’y a pas de Règles autres que l’Équilibre. Et cette Doctrine est d’Acceptation générale parmi la meilleur Sorte d’Hommes ; par conséquent, en toi j’imprimerai avec le plus grand soin l’autre Part de ma Sagesse, c’est-à-dire, la Nécessité d’étendre sans cesse ta Nature à de nouveaux Compagnons dans tous les Plans de l’Existence, afin que tu puisses devenir le parfait Microcosme, une Image sans Défaut de tout ce qui est.

Liber Aleph - Alpha Kapa - A.C.

dimanche, septembre 9 2007

Du « Blasphème » & des Rites d'Éleusis en particulier.

Pour une fois, il n'est pas de sottises qui soient hors de ma portée, je publie ici ma traduction d'un texte d'Aleister Crowley qui me semble tellement d'actualité.

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