Les Délires de Spart

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Mot clé - souffrance

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mardi, mai 20 2008

Père, toi qui es au ciel, père, toi qui es en enfer, vaya con dios !

Voilà, le paternel est passé à l’orient éternel. C’est étrange comme sensation. Il s’est toujours foutu de ma gueule toute sa vie et cependant je ne peux m’empêcher de ressentir du chagrin à sa mort.

Pendant plus de 20 ans je suis resté sans nouvelles de lui, et je dois dire que je m’en portais bien. Au fil du temps, j’avais construit une forme de représentation fantasmée de ce père absent et froid. Je pouvais lui jeter à la figure tous mes malheurs, toutes mes peines, toute la gratitude aussi pour ce que je suis devenu grâce à son dédain.

Je suis allé le voir à l’hosto, et ce que j’ai découvert n’était en fait qu’un homme ayant vécu un peu trop, un peu trop vite, un peu trop mal. Presque instantanément ma rancoeur s’en est allée. Il ne restait plus qu’un homme face à un homme. Rien de plus, rien de moins.

Hier soir, en apprenant sa mort, j’ai reçu un coup. Le flot des souvenirs a inondé ma cervelle, le cœur serré, je repensais aux rares moments vécus avec lui. Beaucoup de mauvais moments, et un seul très bon, très très bon moment. De ces moments où l’on touche la grâce du doigt. Un de ces moments de l’enfance qui nous construisent.

Et, dans le tréfonds de mon âme, j’ai trouvé une toute petite chose, presque éteinte et cette petite chose était Amour.

Merci à toi, père et vaya con dios !

dimanche, mai 4 2008

Quoi ma gueule ?!

Avec ma gueule, pense-t-on que je puisse encore jouer la cinquième roue du carrosse ?

Je vois, je sens, je palpe le non-dit, l’interdit, le silence, les éclairs de retrait dans tes yeux, l’hésitation dans la dérive de tes pas & de tes non-oui. J’aurai voulu chanter ces paroles de PJ Harvey qui me reviennent dans les tripes :

« Oh my lover

Don't you know it's alright

You can love her

You can love me at the same time

Much to discover

I know you don't have the time but

Oh my lover

Don't you know it's alright »

Mais non, car

« I'd risen this morning

Determined to break

The spell of my longing

And not to think

I freed myself from my family

I freed myself from work

I freed myself

I freed myself

And remained alone »

Je ne peux pas, je ne peux plus. Je l’ai dit, je n’ai rien caché.

J’ai été l’amant infidèle de l’amante de l’amant trompé & trompeur. J’ai aimé comme un malade en phase terminale, le cœur à l’air, les couilles à l’envers & rien d’autre dans l’âme qu’un souffle ardent. J’y ai laissé tout ce que j’avais, il n’y a plus rien. Désolé.

Tu ne voudrais pas un mauvais remake d’un film dont les rushes sont perdus depuis longtemps. Tu ne voulais pas que tout cela tourne en noeud de boudant ? Et pourtant, ce noeud, je l’ai autour du cou.

lundi, janvier 28 2008

Déménagement

Hier, j’ai commencé à déménager mon bordel essentiel (je veux parler de mes livres et de mes DVD). Il y a une étape à décider de divorcer, une autre encore à trouver un appartement et une nouvelle étape est celle du déménagement. On réalise en faisant ses paquets, en les empilant et en les emportant vers un nouveau « chez soi » qu’une période prend fin et qu’une histoire se termine définitivement. Non que je pensais ne pas divorcer ou espérais faire marche arrière, mais sauter le pas reste toujours troublant par son caractère définitif et chirurgical.

Ensuite, je suis allé manger un morceau et j’ai cherché un peu de réconfort dans la source éternelle de mon propre travail intérieur. Et, à y regarder de plus près je dois bien un adieu à celle qui a été ma compagne pendant 3 années de ma vie. Trois années de souffrances et de tremblements de l’âme que ma compagne a porté avec moi. Trois années pendant lesquelles elle a essayé de m’aider, de me soutenir, à me repêcher dans les geôles au petit matin, à brider ma soif, ... Trois années pendant lesquelles je n’ai pas été le plus grand des compagnon, le meilleur des maris. Trois années pendant lesquelles je n’ai pas toujours été à l’écoute... J’aurais pu essayer plus, j’aurais pu faire plus d’efforts, mais las de ces regrets, la passé reste le passé, et maintenant il faut aller de l’avant.

Avant, je voulais juste dire à celle qui fut à mes côtés combien je regrette certaines choses dites, certains comportements, combien elle a été importante pour moi, combien je l’ai aimée dans mon silence parfois ignoble.

jeudi, novembre 29 2007

Let It All Bleed Out !

Quand anniversaire rime avec solitaire ! Déjà écrit, déjà joué. Reflux gastéropodiques en une cervelle en manque d’absolu. À trop chercher Celle Qui Monte du Désert, je finis par être trop exigeant, inquisiteur de l’Amour, moi vieille bête au cœur asthmatique !

« Ce week-end sera chaote ou ne sera pas ! » Saint Héliogabale, I, 34. Que Sa volonté soit faite sur la piste comme au bar, qu’Il nous donne ce soir le vin et l’oncophile fumée, qu’Il nous pardonne nos Cicatrices comme nous pardonnons aux Présentatrices du JT. Amen.

Message subliminal : ne pas croire mes paroles agressives et méchantes, jamais. Pardon.

Lawrence Alma-Taddema (1836-1912) Les roses d'Héliogabale, 1888

lundi, novembre 26 2007

Consolateur...

Consolateur inconsolé, j’erre dans les tréfonds de la peine insondable de l’être. Qui sera là pour me réchauffer quand je serai près à trépasser ? Qui se souciera de mes douleurs et portera avec moi le fardeau pour les derniers instants ? Inconsolé, je ne suis pas consolateur et resterai inconsolé. Amant je n’aime pas et ne serai point aimé. Seul je vis parmi les ombres de mon passé et les terreurs de ce qui se tient devant moi. Consolateur des insensés, je suis inconsolé de ma peine et de l’indicible souffrance qui tenaille mon âme. Je ne suis plus le jouet des passions, je ne suis plus instrument, je ne suis plus que feuille au vent entraînée vers une aube en technicolore improbable et fuyante. Le corps est subtilement tétanisé dans un plaisir auto-érogène, auto-érotomaniaque. Nul parfum embaumé sur Ses lèvres sépulcrales ne peut éveiller en moi autre chose qu’Amour, moi qui n’aime plus d’avoir été fondu et dissout dans le creuset de Son corps.

Le matin dans le miroir, je ne vois plus satan, je me vois totalement et pleinement tel que je suis, Je vois je, rien de plus. Les illusions s’en sont allées et il ne reste plus qu’un immense rire de ma gorge prenant naissance pour aller, sur la voûte céleste, fracasser quelque ange putréfié.

Je lâche l’affaire ou pas ? Telle est le question face à l’incommunicado qui s’intensifie tandis que le désir semble se flétrir lentement dans une désaffection trop cruellement visible... Être à demi est bien pire que ne pas être.

C'est d'être la mienne, dis-tu ?

Hélas ! tu sais bien que j'oppose

Un démenti formel aux poses

Qui sentent par trop l'impromptu.

Locutions des Pierrots, II - Jules LAFORGUE (1860-1887) - (Recueil : L'Imitation de N.D la Lune)

dimanche, octobre 28 2007

Pensées de Fin de Règne

« Quelle expérience de vivre dans la peur ! Voilà ce que c’est que d’être un esclave… J’ai vu tant de choses que vous humains ne pourriez pas croire… De grands navires en feu surgissant de l’Épaule d’Orion…J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons C briller dans l’ombre de la porte de Tannhäuser…Tous ces moments se perdront dans l’oubli comme les larmes dans la pluie… Il est temps de mourir… » - Tirade finale de Roy Batty dans Blade Runner.

Si, dans cet espace infini de mon Silence, il reste encore quelque vivant écho, que celui-ci se taise à jamais...

Dans l'extase bachique je me vois tel que je suis réellement : un monstre d'ignorance & un puits vide. Passant, poursuis ton chemin & oublie !

vendredi, août 17 2007

Quand la Mort...

... vous saisit & vous sourit, comment résister à ses bras soie & pierre ponce ?

Quand la Mort te regarde dans ton sommeil serein de bébé rêveur,
Comment lui dire non, comment la repousser ?

Ô délicieuse aimée, 
Noire ombre d'un futur au passé simple,
Ton sourire est un sexe terrible
Un sexe avide de me prendre
Dans un étau-linceul
Brise ma dernière idole...
La VIE

Voici un testament fol à vous les vivants qui me sourirez dans ma tombe.

"Pour les morts : qu'on les enterre nus, tels qu'ils étaient dans leur âge et dans leur sexe.
Sans objet, même sacré.
...
Qu'un chant sans paroles et bouche close les accompagne, jusqu'à l'endroit choisi pour n'être plus parmi les hommes...
Pour la beauté du geste et en mémoire de leurs amours, qu'on perce d'une épine de rose la place où le coeur des défunts recevait tant et tant de coups de lances".
Werner Lambersy
Ô vous les passants en ma vie, 
Souvenez-vous du fol épris d'amours et de vin,
Du fol dansant sous le ciel étoilé
Oubliez les orages et les pluies de l'âmes
Oubliez les passions de traverse
Oubliez la chair et les os
Oubliez les mots et les haines

Ô vous les passants en ma vie
Souvenez-vous de l'Amour
Des yeux étoilés dans la tourmante
Des erreurs et des faux-pas faites un deuil
Que tout ce qui m'était matière soit détruit
Que restent seuls les souvenirs
Pour mes enfants, une poignée de sable
Pour mes Amours, un morceaux de ma chair
Pour mes Amis, une page blanche

Ô vous les passants en ma vie  
Combien de silences encore...